Site archéologique

Découvrir la cité des Gabales

Javols, du temps d’anderitum

Les origines de la ville

Le vallon du Triboulin est fréquenté à l’époque gauloise, sur les hauteurs et dans la plaine. Divers objets – poteries, monnaies, fibules – confirment une occupation plus importante à partir du IIe siècle avant J.-C.

La nature et l’ampleur du site de Javols à l’époque gauloise ne sont, pour l’instant, pas connues. Seul un lieu de culte, un sanctuaire gaulois, est attesté grâce aux fouilles archéologiques réalisées en 2001 sur le promontoire du Barry.

A l’époque du premier empereur romain, Auguste (-27 – 14), la Gaule est réorganisée en 4 provinces. [Aquitaine, Belgique, Lyonnaise, Narbonnaise]
Chacune se divise en territoires hérités des anciennes tribus gauloises. Chaque territoire est doté d’une capitale, chef-lieu politique et religieux, administratif, judiciaire et économique.

Ainsi est née à cette époque, Anderitum (le grand gué – près du gué) capitale des Gabales, appartenant à la province d’Aquitaine.

L’installation de la ville

La fondation d’Anderitum dans le vallon du Triboulin a nécessité des travaux colossaux : le fond de vallon, alors marécageux, est d’abord assaini, puis la rivière est repoussée vers l’Est pour gagner et aménager un espace plat. Celui-ci va permettre l’installation du centre civique de la ville.

L’urbanisme suit alors le modèle romain, structuré par un réseau de rues quadrillées et un centre monumental organisé autour d’une place publique, le forum

L’apogée urbain, Anderitum capitale Gabale

En tant que chef-lieu, Anderitum remplit les fonctions politiques, administratives, judiciaires, sociales, religieuses, culturelles et économiques qui s’exercent au coeur de la ville, autour du forum, matérialisées par des constructions monumentales (basilique, thermes, édifice de spectacle, temple…). Les quartiers d’habitation périphériques gagnent progressivement les coteaux et la ville atteint son extension maximale d’environ 40ha.

D’anderitum à javols

Du déclin à l’oubli

Dès la fin du IIe siècle – début IIIe siècle, un certain déclin se fait sentir par la destruction de plusieurs édifices en raison d’incendies accidentels. La plupart des bâtiments ne sont pas reconstruits, et la partie basse de la ville est transformée en dépotoir. Les matériaux de construction y sont récupérés.

Ailleurs, certains quartiers d’habitation et certaines rues continuent d’être habitées jusqu’à la fin de l’Empire Romain. Au IIIe siècle, Anderitum change de nom pour celui d’Ad Gabalos – celle des Gabale, à l’origine de son nom actuel et qui témoigne que malgré tout, la ville demeure encore le chef-lieu du territoire des Gabales.

A la chute de l’Empire Romain, au Ve siècle, la ville disparaît. Les terrasses aménagées sur les pentes sont délaissées et l’importante érosion liée au climat de moyenne montagne fait son oeuvre. Il nesubsiste plus qu’un bourg rural groupé autour d’un lieu de culte daté par les tombes des VIe – IXe s. qui y ont été découvertes.

De javouls à javols

De l’église médiévale située sous l’actuelle fontaine de la place, il ne subsiste rien. Elle a été démontée et déplacée pour être installée hors d’eau. La fouille de l’ancien emplacement a mis en évidence des tombes et une construction datée de la période charnière entre l’Antiquité et le Moyen Age. Les tombes se regroupent autour d’une sépulture sacrée, maçonnée, vraisemblablement un personnage important pour la communauté chrétienne de l’époque.

Au Moyen Âge, une maison de maître et ses dépendances dominent le vallon au Bois du Mont mais ceux-ci ne dépendent pas de la baronnie de Peyre à laquelle Javols appartient.

A l’époque Moderne, Javols n’échappe pas au passage de la bête du Gévaudan.

Chronologie des fouilles

Ier siècle avant jc

Mention des Gabales dans la Guerre des Gaules de Jules César.

XIIIe siècle

Mention d' Ander itum sur la Table de Peutinger.

XVIIe- XVIIIe siècles

Mention des« quais » (aménagements de berge). Les ruines antiques servent encore de carrière.

XIXe siècle

Les découvertes des érudits locaux au centre du vallon. 1828 : Découverte de la borne miliaire. 1829 : Fouille de la Basilique et des thermes ouest.

Première moitié du XXe siècle

Poursuite des explorations au coeur du vallon Pierre de Brun, Charles Morel, Jean Lyonnet et le chanoine Vassal continuent d'explorer la partie basse. Malheureusement, les documents de fouilles disparaissent lors des perquisitions de la seconde Guerre Mondiale.

De 1969 à 1978

Fouilles de l'abbé Peyre. Mise au jour d'un quartier d'habitation entre l'église et le cimetière. Inscription de la parcelle « Las Pessos », sur laquelle se trouvent les vestiges, au titre de Monuments Historiques, constituant une réserve archéologique dans le périmètre.

De 1987 à 1994 et de 1996 à 1999

Exploration de la basilique par l'équipe de Raffaella Pierobon-Benoît, Université de Naples.

De 1996 à 2004

PCR Alain Ferdière (Université de Tours) et Benoit Ode. Évaluation de l'ensemble du site à 40ha.

De 2005 à 2008

PCR Alain Trintignac. Etude du quartier d'habitation au Nord du forum et poursuite des sondages d'évaluation.

2010

Sondages sur le forum.

2013

Fouille préventive de l'édifice de spectacle.